Valeurs et frontières politiques du développement durable
Interventions

le projet de manifeste
adopté

http://b.ecologie.free.fr

 

manifeste

pour une écologie ouverte, humaine et concrète

 pour une écologie humaniste

Nous nous sommes réunis pour exprimer notre conviction que l’écologie et le développement durable sont au cœur de tout projet politique. Parce qu'ils concernent la santé et la qualité de la vie quotidienne des citoyens. Parce qu'ils cherchent la préservation du patrimoine naturel et des grands équilibres de la Planète. Parce qu'ils questionnent notre modèle de société et nos modes de production.

Mais nous refusons l'instrumentalisation de l'écologie et l'exploitation des inquiétudes de nos contemporains au service de la soif de pouvoir de quelques uns, qui veulent instaurer en France un régime autoritaire, collectiviste et régressif.

 

Ecologistes convaincus, nous optons pour une démarche radicalement différente, pour une écologie concrète, pluraliste, humaniste et démocratique. Nous voulons l'ancrer au cœur des projets politiques qui donnent à l'éthique et à la responsabilité la première place.

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L’écologie « verte » a abandonné les combats écologiques pour verser dans l’écologisme de gauche, ce qu'elle appelle l'écologie politique et qui est surtout constitué de beaucoup de politicien et de très peu d'écologie. Elle recycle un assortiment de courants anachroniques, certains guidés par des idéologies extrémistes. Elle a hérité de l’intégrisme des courants marxistes, trotskistes, pacifistes ou antimondialistes qui l’ont fondée. Pour elle, la défense de l'environnement n'est qu'un moyen utile pour prolonger la contestation radicale de la société.

Nous rejetons cette idéologie de la contestation et ce sectarisme qui se nourrit de conflits permanents. Nous voulons construire un monde meilleur, sans nécessairement le faire sur les ruines fumantes de l'ancien. Nous pensons que l'écologie est une affaire sérieuse, qui nécessite un soin spécifique et une expertise scientifique, et ne se résout pas en plaquant sur la réalité moderne de vieux schémas philosophiques.

Enfermés dans leurs préjugés, les Verts se sont donnés comme priorité de contrôler et punir. Contrôler et punir les entreprises, les chasseurs, les agriculteurs, les automobilistes… En opposant les Français les uns aux autres, ils ont empêché des avancées consensuelles pour la protection de l’environnement. Ils préfèrent dénoncer que prévenir.

Nous rejetons cette culture du mépris et de l'irrespect, de l'anathème et de la désignation de boucs émissaires. Nous préférons l'ouverture d'esprit et le contrat, la compréhension et le respect de l'autre. L'écologie nécessite de véritables savoir-faire dans la conduite du changement et la gestion des conflits pour sensibiliser, éduquer, convaincre et responsabiliser les acteurs de ce changement.

L' "écologie politique" a trouvé dans la majorité plurielle un échange de bons procédés. En contrepartie d'une tribune médiatique, elle a accepté de servir de caution écologique au Parti socialiste. Peu lui importe finalement d'avoir dû avaler des couleuvres. Peu lui importe que la quasi-totalité de ses « priorités » environnementales aient été sacrifiées.

Le résultat de ces calculs politiques, c’est en effet le bilan inexistant de ce gouvernement en matière d’environnement. La responsabilité de Lionel Jospin est ici totale. En sous-traitant à ses ministres verts le soin de définir les priorités environnementales, Lionel Jospin ne pouvait pas ignorer que ceux-ci se désintéresseraient de l’environnement au profit de leurs marottes gauchistes listées dans leur programme d’écologie politique. C’est donc sciemment qu’il a sacrifié l’environnement, parce que pour lui cela ne méritait pas, au fond, qu’il prenne le risque de ternir l’unité de façade de sa « majorité plurielle ».

Nous rejetons les calculs politiques qui desservent la lutte pour un meilleur environnement des Français. Nous dénonçons l'imposture écologique de la majorité plurielle. Nous préférons concevoir et mettre en œuvre de véritables solutions qui améliorent la situation, localement ou globalement.

Thème par thème, le constat d’immobilisme est plus affligeant encore et inquiétant:

  • ·            La lutte contre l’effet de serre est au point mort. Le plan d’efficacité énergétique du gouvernement présenté en décembre dernier n’a pas eu de suite.

  • ·            La question des transports propres n’a pas avancé d’un pouce : le candidat Jospin promet pour la prochaine législature un schéma national de ferroutage. Que peut-on y voir, sinon un aveu de l'incurie de son gouvernement depuis cinq ans sur un sujet qu'il avait pourtant déclaré comme prioritaire ?

  • ·            La lutte contre la pollution de l’air a été ralentie : la loi sur l’air de 1996, qui avait été saluée par la communauté européenne même pour son ambition, a été mal appliquée (circulation alternée), voire pas du tout (biocarburants).

  • ·            La lutte contre les pollutions de l'eau n’a pas eu un meilleur sort : d’annonces fracassantes sur l’application du principe pollueur en confrontations inutiles avec les agences de l'eau et les agriculteurs, rien n’a finalement été fait.

  • ·            La politique des déchets a pris un retard inquiétant : le défaut de mise en conformité des incinérateurs, dont certains émettent toujours des taux de dioxines très supérieurs aux normes, l'impréparation du pays à l'obligation de ne mettre en décharge que les déchets ultimes en juillet 2002, quelques jours après les prochaines échéances électorales !

Nous rejetons la pratique qui consiste à limiter l'écologie à quelques actions thématiques symboliques. L'écologie doit s'intégrer à toutes les politiques publiques. C'est pourquoi nous sommes inquiets du retard pris par la France dans l'élaboration et l'application des politiques de long terme. Nous voulons œuvrer pour une véritable politique de développement durable du pays, démocratiquement débattue, démocratiquement approuvée et démocratiquement mise en œuvre dans tous les secteurs .

***

Notre conception de l'écologie et de la vie en société est à rebours de l’écologie des Verts. Les hommes et les femmes ont le droit de vivre en bonne santé et en équilibre dans un environnement familial, social, culturel ou naturel sauvegardé. La qualité des actes de la vie quotidienne comme boire, manger, respirer, partager ou communiquer, comme ceux qui jalonnent l’existence de la naissance à la mort, voilà qui fonde notre conception de l’écologie, une écologie ouverte et sereine.

C'est aussi une écologie qui préserve les besoins des générations futures. Cette solidarité dans le temps est complémentaire de la solidarité planétaire, qui lie notre destin à celui de tous les autres peuples. Notre éthique se place ici, à la croisée de ce double souci.

Parce que les milieux naturels et les problématiques diffèrent beaucoup d’un lieu à l’autre, parce que chacun doit pouvoir adhérer et participer au projet de préservation de son environnement, nous pensons que l’écologie doit d'abord être déclinée au plus proche des Français, au plus proche des différentes situations géographiques et humaines. L'écologie doit améliorer concrètement leurs lieux de vie: localité d'habitation, lieu de travail, lieux de loisirs … L'écologie, ce n'est pas refaire le monde dans un café. C'est ainsi que les Français seront sensibilisés aux actes citoyens qui fondent une écologie de la responsabilité:

  • ·         Au cœur des villes, la qualité de l’air intérieur et extérieur, la qualité de l'eau au robinet, le tri sélectif des déchets, les problèmes de bruit – dont on a tort de faire trop souvent seulement une question de confort, alors qu’il s’agit d’un enjeu de santé comme les conséquences des vols d'avion la nuit – se posent souvent les premiers.

  • ·         Dans la périphérie des villes, l’urbanisme et les transports publics et personnels sont les premiers enjeux environnementaux, alors même que longtemps ils ont été négligés, erreurs que les habitants des banlieues paient aujourd’hui. Se posent aussi avec acuité le problème de la réhabilitation des friches industrielles et des sols pollués ainsi que celui de la proximité des habitations des usines industrielles à risque.

  • ·         En milieu rural, la cohabitation harmonieuse des activités humaines et de l’environnement est au cœur du sujet. Entretien de l’espace, qualité des cours d’eau et des nappes, beauté du paysage, contraintes liées aux protections de la biodiversité, harmonie entre les différents usagers de la nature… les rôles de chacun doivent être précisés.

  • ·         Sur le littoral, l’environnement est tout à la fois extrêmement fragile et soumis à des pressions urbanistiques et touristiques considérables. Comment le préserver et le développer à la fois ?

  • ·         En montagne, la déprise agricole laisse de grands espaces inexploités, sans habitants, sans maîtres. Les vallées sont des lieux fragiles qu'un système de transport mal conçu peut détruire. Quelle montagne voulons-nous ?

Agir localement ne signifie pas qu'on oublie de penser globalement. Nous suivons avec une très grande attention les conférences et les négociations internationales. Du plus local au plus global, nous voulons que chacun se sente responsable et engagé. La Conférence de Johannesburg cette année doit être l’occasion de retrouver cet esprit, l’esprit de Rio en 1992, et de jeter ensemble les bases de nouveaux progrès. L’effet de serre et les changements climatiques, la détérioration de la couche d’ozone, les pluies acides, la perte de diversité biologique, concernent chacun d’entre nous, notre avenir, nos enfants. Nous participons de manière très active à l'élaboration des propositions qui seront soumises à Johannesburg. L'écologie doit réinvestir les négociations internationales environnementales, dans lesquelles les Verts ont été absents, préférant d'autres combats, et d'autres lieux de confrontation comme la voie publique. A l'ONU, à l'OMI, à l'OACI, à l'OMC … la France doit parler d'une voix forte sur les questions écologiques.

Outre ce volet mondial, nous voulons aussi une écologie agissante, à tous les niveaux de décision:

  • ·         Elle doit s’imposer au niveau européen, où se prennent désormais l’essentiel des orientations en matière d’environnement.

  • ·         Elle doit être présente dans les politiques nationales de chaque ministère, sans exception, qui doivent établir chacun leur politique de développement durable. On le demande maintenant aux entreprises cotées en Bourse d'avoir un bilan environnemental. Il serait paradoxal que les Ministères s'affranchissent de cet exercice de transparence.

  • ·         Elle doit animer les collectivités locales, dont les compétences en matière d'environnement peuvent être renforcée dans le prochain mouvement de décentralisation.

  • ·         Elle doit faire partie intégrante des stratégies des entreprises.

Pour tout cela, nous souhaitons travailler en réseau, en Europe, avec les écologistes qui partagent notre approche, mais aussi dans le monde, en particulier avec les écologistes des pays francophones. Ces deux réseaux sont déjà partiellement constitués. Nous avons la volonté de les développer très activement.

Mais nous souhaitons avant tout développer notre coopération et notre compréhension commune ici, en France. Au delà de notre diversité d'origine, qui est aussi une chance d'enrichissement mutuel, nous nous retrouvons sur;

  • ·         Des valeurs politiques communes, une conception de la vie en société et de la responsabilité de chaque citoyen

  • ·         Un diagnostic commun dans l'urgence d'une action écologique à l'échelle de la planète et dans l'amélioration de la santé et du cadre de vie des Français

  • ·         Des priorités d'action en France et en Europe. Réforme du droit de l’environnement, politique du vivant, politique énergétique, recherche sur les technologies de l’environnement, partenariat Nord-Sud sont nos premiers soucis.

  • ·         Une méthode de dialogue et de concertation, le souci d’instaurer une pratique apaisée de l’écologie.

 Nous créons aujourd’hui un groupe de contact et de travail régulier qui aura pour objet l’approfondissement de cette compréhension commune. Nous souhaitons qu’il jette les bases d’une coopération efficace entre différentes sensibilités politiques, au service de l’écologie, c’est à dire d'abord au service de nos concitoyens et au bénéfice de tous, et d’abord de nos enfants.

Premiers signataires

 Dominique
BOURG
sous réserve des amendements en cours

 

 Christian
SAINT-ETIENNE

 Lynda
ASMANI

 

Michel
BREUZARD

Zaïr
KEDADOUCHE

Philippe
GERMA

Bernard
BOULZE


Dominique
MIGNON


Stéphanie
V
on EUW


Dominique
JULIEN-LABRUYERE


Patrice
HERNU


Nathalie
KOSCIUSKO-MORIZET


A-Tristan
MOCILNIKAR